Affichage des articles dont le libellé est littérature. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est littérature. Afficher tous les articles

vendredi 6 juin 2008

Des histoires, une vie

Qu'y a-t-il de si réjouissant à lire des romans, se plonger dans un film, assister à une pièce de théâtre ou lire encore une bande dessinée ? A première vue, bien qu'il soit toujours possible de chercher des explications rétrospectives, rien ne remplace le ressenti présent, et impossible de le circonscrire à un raisonnement sur les implications et motivations du lecteur ou spectateur.

La vérité est là : devant un film, un livre, on s'amuse, on s'ennuie, on prend son pied, on s'emballe, on réfléchit, on divague, on se retrouve, on est déçu ou emballé, et je ne sais quoi encore. Bref, on fait l'expérience de la vie. Mais de quelle vie au juste ? de ces histoires, tout simplement : de cette fille rebelle aux cheveux noirs, de ces trois hommes en colère, de ces jeunes entre romances et responsabilités, etc. Ces destins imaginaires, nous y entrons par l'entremise de l'auteur. A peine franchi le seuil du récit, nous voilà offert quelques jugements et points de vue, une chanson en tête, on nous présente à des gens sympathiques. "Enchanté, vous êtes ? Le lecteur, très bien. Et vous ? Ah un personnage, très heureux de faire votre connaissance, vous prendrez bien un verre." Et nous voilà amis, sur la route avec Dean Moriarty, en fugue inspirée avec Holden Caulfied, dans une fusée lunaire avec ce cher professeur Tournesol, au bloc avec ces filles à tomber (je te les présenterai) !

Voilà ce qui fait un bon auteur. Le style en déguisement, plus encore qu'une belle histoire, il nous offre une belle vie.


jeudi 5 juin 2008

Conte de printemps

Une nuit de printemps, étoiles et demi-lune,
parfums d'herbe coupée, de sapins et de bois,
une fenêtre éclairée, veilleuse aux rideaux mat,
et les stridulations de grillons insomniaques.

mercredi 4 juin 2008

La civilisation (prolongation)

Comment vivre ? N'est-ce pas la question qui hante chacun de nous par intermittence, dès les premiers balbutiements de notre conscience ? Demander, comme l'a fait William James, si la vie vaut la peine d'être vécue, c'est s'exposer à une réponse sous forme de boutade : "Tout dépend de ce qu"on boit" Les enfants de l'empereur, Claire Messud, Gallimard 2008

Autant connaissons nous bien des buveurs, autant cette question éternelle reste sans réponse. Toujours est-il que cette réflexion du personnage de Murray Twaithe semble pouvoir être prolongée. En effet, si la vie par instants se montre facétieuse, découragente parfois, il est par bonheur des personnes qui nous indiquent la direction à suivre. Non par explication ou didactisme, mais par leur attitude, leur exemplarité. Une posture, un sentiment, un comportement, une implication, de ces petites chose que l'on admire et qui nous transforment.



mardi 3 juin 2008

La civilisation

"Le problème, c'est que je suis attiré par les romans ; enfin, ça ressemble plutôt à une sorte d'attraction/répulsion.
- Tu as tout à fait raison. Il faut absolument en lire, répondit son oncle. C'est ça, être civilisé. Romans, histoire, philosophie, science - sans discrimination. On s'expose le plus possible, on assimile, on en oublie les trois quarts, mais on en sort transformé.
"
Ce dialogue entre le personnage de Frederick Tubb et son oncle, glissé discrètement par Claire Messud au milieu de son dernier roman Les enfants de l'empereur, touche à quelque-chose de fondamental et précieux. Que serait-on sans nos lectures, tant elles nous apprennent et nous transforment, telles mille rencontres passionnées que la vie seule ne saurait nous offrir ?



lundi 25 février 2008

Sur la route, Jack Kerouac

"Savoure-les, Sal, en train de discuter de nous et de savourer. Oh, bonté divine, quel monde !"

C'est une histoire de timbrés en guenilles, de clochards célestes, de virées sauvages impromptues, d'Est en Ouest, d'Ouest en Est. Une histoire d'amitiés, de vieux potes éternels et fous et sublimes, et de filles que l'on quitte pour mieux les retrouver. De cylindrées rugissantes sur des routes poussiéreuses, de wagons cahotant sous les nuits étoilées. De discours, de bonheur et de rêve, de rien et de liberté. Car voyez-vous, personne ne sait ce qui va arriver à qui que ce soit, n'étaient les mornes misères de l'âge qu'on prend. Alors je pense à Dean Moriarty...



lundi 17 décembre 2007

Déplacements simultanés

Des images et des sons,
Bruissements feutrés d'un monde qui dérive
lentement, porté par quelque idéal oublié
Et dehors les ombres, en rang transportées
sans fin vers l'inexistence

vendredi 30 novembre 2007

La vie mentie, Michel del Castillo

"Dans cette normalité raisonnable, je me sens étouffer"

Autant le reconnaître, le nom de Michel del Castillo m'était étranger avant que l'on m'offre ce livre le mois dernier. C'est donc dans l'inconnu que j'entamais la lecture de cette Vie Mentie, conforté cependant par l'affection que l'on porte à un cadeau offert par un proche.

Le roman commence en Espagne au début du XXème siècle, période pré-guerre civile marquée par la dictature de Primo de Rivera qui mis à genou le pays de 1923 à 1930. C'était une époque riche, rougeoyante, humble de condition et fière dans l'idée quelle se faisait de l'Homme. Une époque où l'on trouvait encore de ces hommes et femmes pour lesquels le combat politique avait un sens, un souffle, une grandeur et une aspiration. Parmi eux, Miguel de Unamuno, recteur de l'université de Salamanque condamné à l'exil pendant la dictature avant d'effecter un retour acclamé une fois le république restaurée. Parmi ses fervents admirateurs se trouve être le grand-père du narrateur, jeune universitaire talentueux qui finira fusillé dans la fleur de l'âge.

Deux générations plus tard, nous sommes en 2007 et Salvador Portal occupe un poste important dans une agence de communication reconnue. Riche - ce qui à notre époque semble tout justifier, dénué de toute interrogation de légimité sur le confort de son existence, en proie à de vagues torpeurs faussement morales qui n'abusent que lui. Portrait inversé de son grand-père, il nourrit à l'égard de son père une condescendance génée et le décrète lisse et sans personnalité, traits de caractère ayant ironiquement valeur de qualité quand on voit par qui ils sont reprochés.

Au fil de l'histoire, le narrateur va renouer avec le passé de sa famille, avec cette Espagne solaire qu'il n'a pas connu, avec Vera, cette grand-mère au mutisme énigmatique et digne, avec ce père longtemps méprisé dans un non-dit de convenance.

S'il faut du temps pour rentrer dans le récit, le roman finit curieusement par fonctionner. Curieusement, car le personnage du narrateur concentre tellement des défauts de notre temps qu'il est bien difficile d'éprouver pour lui la moindre empathie. On suppose que Michel del Castillo s'est interrogé sur la pertinence de placer dans un roman ce que l'on exècre pour le dénoncer où s'il n'est pas préférable de l'ignorer. A cela s'ajoute maintenant le fait que tants de romans contemporains traitent de ce qu'on pourrait appeler la rédemption de l'abruti, que le simple fait de prendre pour personnage un de ces riches parvenus superficiels devient problématique.

Toujours est-il que le roman fonctionne, et que l'on se surprend à trouver en ce Salvador Portal quelques émotions justes. La beauté de cette Espagne de velour et de sang y est peut-être pour beaucoup.

samedi 3 novembre 2007

L'attrape-coeurs, J. D. Salinger


Jerome David Salinger publia The catcher in the rye en 1951, il avait alors 32 ans. Ces quelques précisions ont leur utilité mais n'expliquent en rien comment a pu être écrite une telle merveille. Car c'est bien ce qui reste en suspens une fois le livre reposé. Non pas une forme docte de vénération classique pour un auteur historisé, mais la conjoncture d'une proximité spontanée, actuelle, et d'une élégance des plus justement époustouflante.

samedi 20 octobre 2007

La physique des catastrophes, Marisha Pessl


Voici certainement la bonne surprise de cette rentrée littéraire. La physique des catastrophes - Special topics in calamity physics pour les anglophones - est le premire roman de Marisha Pessl, new-yorkaise de 27, 28, 29 ou 30 ans selon les sources. Notons d'ailleurs là un des grands mystères de notre époque, étouffée par la sur-présence médiatique mais ou l'information partielle voire ouvertement erronée règne en maître. Mais passons sur ce point qui mériterait plus qu'un article.

La première qualité de ce livre est le plaisir que l'on prend à sa lecture. Tout y est très soigné : style, intrigue, personnages, contexte narratif, même le livre lui-même - édition Gallimard, collection du monde entier - confère à l'ensemble un je-ne-sais-quoi de précis et d'appliqué dont on ne peut être que reconnaissant.

La narratrice, Bleue Van Meer, 17 ans, vient d'arriver dans un nouvel établissement et entamme l'année de sa terminale. Cette élève brillante et solitaire est élevé par son père, talentueux conférencier qui la promène d'état en état au gré de ses mutations et égrenne les conquêtes féminines d'une semaine.
Comme on peut s'y attendre, cette année à St-Gallway ne se passera pas tout à fait comme prévu et je vous laisse le plaisir de le découvrir.

Le roman possède deux particularités. Tout d'abord, il est égréné de dessins, attribués à la narratrice et réalisés par la romancière, ce qui donne de la consistance au récit et crédibilise l'emploi de la première personne Bleue-Marisha. D'autre part, la narratrice nourrit son texte de citations ou plutôt de références littéraires plus ou moins sérieuses qui appuient le savoir livresque de son personnages tout en s'en amusant.

Dans un monde à l'heure qui l'est - 21h01 20 octobre 2007 - toujours en proie à une édifiante et bavarde inculture de masse, la lecture de cette physique des catastrophes offrera au lecteur résistant une bouffée d'oxygène aussi inattendue qu'appréciable.

vendredi 28 septembre 2007

Cendrillon, Eric Reinhardt


Ainsi donc, d'aucuns se seraient permis d'exprimer leur désintérêt pour le précédent roman d'Eric Reinhardt. Pire, c'est à l'occasion d'une émission de France Culture que ces critiques littéraires germanopratins se seraient prononcés, brisant dès lors tout espoir de reconnaissance par ses pairs pour cet auteur désormais marqué par la disgrâce et le déshonneur. Pleurs, soleil couchant, fermez le rideau, la messe est dite.

Bien entendu, on l'aura compris, tout cela ne peut s'agir que d'un complot ourdi par une bougeoisie parisienne de gauche, menacée par le talent de ce Reinhardt provincial qu'il a donc convenu d'éliminer symboliquement. C'est en tout cas la thèse soutenue tout le long de ce livre, illustrée par une mise en perspective des déboires littéraires de l'auteur au moyen de clones légèrements modifiés, tous marqués par le destin de traumas familiaux destructeurs et des obsessions communes.

On aurait pû plaider l'humour, l'autodérision résignée si chaque personnage n'était décrit avec le sérieux le plus nombriliste qu'il ait été donné de lire cette année. Car ainsi donc, il y aurait tous ces exclus, ces chomeurs enfermés dans un comportement auto-destructeur et vivant de clopinettes, et puis Eric Reinhardt, véritable SDF du petit monde littéraire parisien après sa flagellation sur France Culture. Outre le caractère relativement odieux de la métaphore, il n'est tout simplement jamais question pour lui d'envisager l'idée que le roman ait pû s'avérer quelconque, voire mauvais. Non, il ne peut s'agir d'une conspiration, un dégât collatéral de plus à mettre au débit de cette toujours actuelle lutte des classes, qui pour le coup a bon dos.

Malheureusement, si M. Reinhardt n'a pas eu la chance de naître dans une famille bourgeoise des beaux quartiers, si en conséquence l'écriture d'un roman de qualité lui est moins accessible qu'à d'autres, un mauvais roman reste un mauvais roman. Et il n'y aura jamais d'excuse sociologique qui autorise à qualifier un mauvais roman d'exceptionnel, au motif que l'effort consenti serait supérieur à d'autres. Or ce que l'on perçoit à travers tout le texte est bien plus le regret de ne pas appartenir par naissance à cette élite culturelle que celui de parvenir par son travail à un résultat littéraire brillant. Cela nous vaudra d'ailleurs nombre d'immatures fanfaronades : oui, je connais personnellement Preljocaj, oui je lisais Mallarmé à 8 ans, etc. Ecartons également le faux problème du "que serais-je devenu si je n'avais pas rencontré Margot à 23 ans ?", car de Margot il n'est question que comme objet, femme-objet observée, épiée, adulée mais qui jamais n'aura la parole. Une Margot idée fixe, comme le sont ces obsessions pour les pieds cambré ou la pointure 37 1/2, qui placent le roman dans le confinement obsessionnel du "je" là ou la littérature française à tant besoin d'ouverture, de voyages et de fraicheur étrangère.

Dès lors, terminons diplomatiquement sur cette bonne vieille idée de liberté, liberté d'écrire un livre sur n'importe quel sujet, liberté de ne ne pas aimer un livre, liberté de ne pas lire un livre, liberté de critiquer.

dimanche 23 septembre 2007

Zadie Smith, White teeth


Je sais, je suis en retard. Non seulement ce livre a beaucoup fait parler de lui en France il y a 6 ans, soit à la rentrée littéraire 2001, mais plus étrange encore, il s'agit très exactement du genre de roman - et de romancière - qui s'apprécie sur à peu près tous les points possibles : style, ton, sujets traités, orientation politiquo-sociale, etc. Bref, comment ai-je pu passer à côté de ces quenottes blanches ?
A vrai dire, peu importe. L'erreur est maintenant réparée, et en anglais s'il vous plait. Pour faire court, il s'agit d'une saga familiale qui retrace la vie de deux familles d'immigrés indiens et antillais de la banlieue londonnienne, pendant les années 70, 80 et 90, mais également avant et encore après.
Dans un style jeune, vif, vrai, nous suivons la vie d'Irie, des jumeaux Millat et Magid, ou plutôt Magid et Millat, mais aussi d'Archie et Samad, de Clara et Alsana, de toute la famille Chafden, de toute une tribu d'immigrés aux destins croisés et qui font avec ce qu'ils ont pour vivre et survivre et se débattre avec leurs racines et leur histoire.
Depuis ce premier roman, dont le seul défaut est qu'on aimerait l'aimer bien plus qu'on ne l'aime, Zadie Smith en a écrit deux autres, The autograph man (2002) et On beauty (2005). L'accueil du premier fut plutôt mitigé, probablement en raison d'une attente démesurée. On beauty a bénéficié d'une très bonne presse, espérons en finir vite avec ces livres de la rentrée littéraire pour se lancer à nouveau dans une expérience littéraire des plus justement cool.

dimanche 9 septembre 2007

Harry Potter and the deathly hallows


La sortie du dernier tôme des aventures du célèbre sorcier offre une réjouissante occasion de se (re)plonger dans la lecture anglophone. Car pouvait-on rêver meilleure occasion ? Annoncé comme le dernier épisode de la série, tout se joue dans ce livre, du destin du jeune Harry et de ses amis Hermione et Ron à l'avenir d'un monde - oui, tremblez mortels - plus que jamais menaçé par Voldemort le maléfique.
Doit-on ajouter que ce trépidant enjeu nous est conté dans un anglais volontiers grand public en pleine saison estivale marquée par une météo très anglaise ? Et pour ceux que toutes ces bonnes raisons ne convaincraient pas, songez que vous tenez là un excellent cahier de vacances anglais qui vous occupera jusqu'à la redoutable rentrée littéraire de septembre .

mardi 7 août 2007

Den allvarsamma leken, Hjalmar Söderberg

Arvid Stjärnblom could be any of us. In love with the young Lydia Stille, for some social and personnal reasons, he lets his chances go away. She slips out of his hands to marry a much metter match. As time goes by, they finally meet again and live together a few years. But Lydia cheats on him several times and finally goes away, in love with another man.
Would things have been different if Arvid could have married Lydia ? Does he pay for his hesitations ? Contrary to the preface writer Nicole Zand, there are good reasons to doubt this novel would turn around missed opportunities, first of all as Lydia is descripted as an eternal lover who could perfectly marry a new man every year.
This "serious game" is much more a fatalistic view of relationship between men and women, confronted to love and loneliness : "We don't choose our destiny. We don't choose our wife, our mistress, our children. We have them, we keep them, sometimes we loose them. But we never choose !"
The fact is I would like to disagree with Söderberg. In a way, I still think we can choose a few things, at least that a relationship is something you build and not only something you're are subjected to. Arvid never really talks to Lydia, he's confronted to her behaviour, he tries to understand her but never manages to - I know, men can't understand women, but at least he could try !
Would things be different nowadays ? Well first of all, Arvid could have find consolation in watching Sex and the City in DVD and eating ice cream. More seriously, I must admit the fatalistic theory of Söderberg is still working. When you look around you, how many unhappy "good girls" or "good guys" do you see ? And how many happy couples who do not deserve anything in particular ? Who had the opportunity to choose anything ?
Reading this "serious game", we realize things are still the sames two hundred years later. We suffer with Arvid, and enjoy the talent of Mr Söderberd to describe with such accuracy the ups and downs of love.

lundi 9 juillet 2007

L'explosion de la durite, Jean Rolin


Peu de roman récent vous donnent à ce point envie de découvrir une région du monde jusque là ignorée que cette explosion de la durite, de Jean Rolin.

Dans un style précis de chirurgien de la mécanique, l'auteur nous emmene sur les pas de Joseph Conrad le long du fleuve Zaïre, dans un improbable périple qui, on l'apprendra plus loin, trouva son origine au McDonalds de la station La Fourche de la ligne 13, Paris.

Car tout a un commencement, et rien de tout cela ne serait arrivé sans cette Audi 25 que le narrateur se voit chargé de convoyer depuis Paris jusqu'à la capitale de la RDC afin d'y servir comme taxi.

Anvers, Soulac, Abidjan, Pointe Noire, Banana, Matadi et enfin Leopoldville-Kinshasa, un trajet improbable pour quiconque et des plus naturels pour le narrateur, qui marche - on l'apprendra - sur les pas de son enfance, de son père, et qui en profite pour relire La Recherche et disserter sur l'histoire chahutée du Congo depuis la colonisation Belge jusqu'à nos jours.

Un roman soigneusement écrit, instructif et qui ne manque pas d'humour, merci M. Rolin.

mercredi 13 juin 2007

L'auteur ! l'auteur ! David Lodge


L'auteur ! l'auteur ! est le dernier roman disponible en France de l'écrivain anglais David Lodge. Plutôt connu et appécié pour ses savoureuses satires du milieu universitaire, l'auteur se démarque ici en se consacrant à la biographie romancée d'Henry James.

A première vue, voilà qui a tout du sujet périlleux : thème pointu, contrainte d'historicité, personnages assez méconnus. Une fois le roman commençé, on ne peut qu'admirer le talent, le travail et la passion de David Lodge pour son sujet. Chaque page se lit avec la même délectation minutieuse qu'Henry James a manifesté toute sa vie durant.

La fin du livre est d'autant plus touchante que les disparitions successives des personnages cotoyés tout au long du roman semblent véritablement marquer la fin d'une époque, que l'on regrette d'ailleurs sans l'avoir connue.

vendredi 11 mai 2007

Une autre époque est possible


Comme beaucoup d'autres, de récents évènements m'ont incité à fuir la France et tant qu'à faire le XXI siècle. Départ immédiat pour la côte ouest des Etats-Unis, années 70, grâce à Armistead Maupin et ses Chroniques de San Francisco.

Une fois sur place, tout a très bien commencé. J'ai pu trouver un appartement facilement, une colocation que je partage avec une fille très sympa originaire de Cleveland, Mary Ann Singleton.

Nous avons mis un peu de temps à nous habituer à cette nouvelle vie, mais il faut dire que tout est tellement différent de Paris ! C'est bien simple, ici tout le monde couche avec tout le monde, et tout est prétexte à l'aventure : drague au supermarché Safeway de Marina, en boîte (le "Dance Your Ass Off" est une valeur sûre, pensez-y), à la laverie ("On a partagé un adoucissant. Cela ne signifie donc rien pour toi ?"), au bureau ...

Bien sur, les relations humaines restent ce qu'elles sont, et cette apparente liberté n'empêche pas solitudes, déceptions et peines de coeur. Mais il fait beau, les gens sont libres, heureux et profitent tant qu'ils peuvent de cette insouciance dont on devine qu'elle ne durera pas ...

... Au même moment, loin, bien loin d'ici grandit petit à (tout) petit l'idée qu'un peu d'ordre, de travail et de valeurs ne feraient de mal à personne. "Identité nationale", "immigration", "karcher", leur temps viendra.

A chacun son époque, je n'aurai jamais 30 ans à San Francisco en 1976. Alors profitez-en, Mary Ann, Connie, Mona et tous les autres, oubliez l'avenir, oubliez le présent et emmenez-nous s'il vous plait quelques heures avec vous ...